Ces bancs sont formes de carbonate de chaux, blanc, terreux, et tellement friable qu'il s'ecrase sous le moindre effort, les specimens les plus compacts meme ne resistant pas a la pression des doigts. Quelques-unes de ces masses sont blanches comme la chaux vive, et paraissent absolument pures, mais on peut toujours y decouvrir a la loupe de petites particules de scories, et je n'ai pu en trouver une seule qui ne laissat pas de residu de cette nature quand on la dissolvait dans les acides. Il est difficile, pour cette raison, de decouvrir une particule de calcaire qui ne change pas de couleur au chalumeau; la plupart d'entre elles s'y vitrifient meme. Les fragments scoriaces et la matiere calcaire sont associes de la maniere la plus irreguliere, parfois en lits peu distincts, mais plus frequemment en une breche confuse, ou le calcaire predomine d'un cote et les scories de l'autre. Sir H. De La Beche a bien voulu faire analyser quelques-uns des specimens les plus purs, dans le but de decouvrir si, en raison de leur origine volcanique, ils contenaient beaucoup de magnesie; mais on n'en a decele qu'une faible quantite, analogue a celle qui existe dans la plupart des calcaires.

Quand on brise les fragments de scories engages dans la masse calcaire, on voit qu'un grand nombre de leurs vacuoles sont tapissees et meme partiellement remplies d'un reseau de carbonate de chaux, blanc, delicat, excessivement fragile et semblable a de la mousse, ou plutot a des conferves. Ces fibres, observees a l'aide d'une loupe dont la distance focale est d'un dixieme de pouce, se montrent cylindriques; leur diametre est legerement superieur a un millieme de pouce; elles sont ou simplement ramifiees, ou plus communement unies en un reseau formant une masse irreguliere, a mailles de dimension et de forme tres variables. Quelques fibres sont recouvertes d'une couche epaisse de spicules extremement fins, parfois agreges en houppes minuscules, ce qui leur donne un aspect velu. Ces spicules ont un diametre uniforme sur toute leur longueur; ils se detachent facilement, de sorte que le porte-objet du microscope en est bientot recouvert. Le calcaire offre cette structure fibreuse dans les vacuoles d'un grand nombre de fragments des scories, mais generalement a un degre moins parfait. Ces vacuoles ne semblent pas etre reliees l'une a l'autre. Il n'est pas douteux, comme nous allons le montrer, que le calcaire ait ete ejacule a l'etat fluide, intimement melange a la lave, et c'est pour cette raison que j'ai cru devoir m'arreter a decrire cette curieuse structure fibreuse, dont je ne connais aucun analogue. A cause de la nature terreuse des fibres, cette structure ne semble pas pouvoir etre attribuee a la cristallisation.

D'autres fragments de la roche scoriacee de cette colline, quand on les brise, se montrent rayes de traits blancs, courts et irreguliers, qui proviennent d'une rangee de vacuoles separees, entierement ou partiellement remplies d'une poudre calcareuse blanche. Cette structure m'a rappele immediatement les petites boules et les filaments etires de farine, dans une pate mal petrie, avec laquelle ils ne se sont pas melanges, et je suis porte a penser que, de la meme maniere, de petites masses de calcaire n'ayant pas ete incorporees dans la lave liquide, ont ete etirees, lorsque toute la masse etait en mouvement. J'ai examine soigneusement, en les broyant et en les dissolvant dans les acides, des fragments de scories prises a moins d'un demi-pouce de cellules qui etaient pleines de la poussiere en question, et je n'y ai pas trouve de traces de calcaire. Il est clair que la lave et le calcaire n'ont ete que tres imparfaitement melanges. Lorsque de petites masses de calcaire ont ete empatees dans la lave encore visqueuse, ou on les observe comme une matiere pulverulente, ou en fibres reticulees tapissant les vacuoles, je suis porte a penser que les gaz absorbes ont pu se dilater plus facilement aux points ou ce calcaire pulverulent rendait la lave moins resistante.

A un mille a l'est de la ville de Praya on observe une gorge aux parois escarpees, large de 150 yards environ, coupant la plaine basaltique et les bancs sous-jacents, mais qui a ete comblee par une coulee de lave plus moderne.

Observations Geologiques sur les Iles Volcaniques Page 16

19th Century English Literature

Charles Darwin

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