En outre, la plupart des cristaux empates de feldspath vitreux sont alignes suivant cette meme direction. M.P. Scrope[41] a decrit un trachyte colonnaire remarquable des iles Ponza, qui parait avoir ete injecte dans une masse surincombante de conglomerat trachytique; il est raye de zones souvent extremement fines se distinguant par la texture et la couleur; les zones les plus dures et les plus foncees paraissent contenir une plus grande proportion de silice. Dans une autre partie de l'ile, il existe des couches de perlite et de retinite ressemblant, sous beaucoup de rapports, a celles de l'Ascension. Dans le trachyte colonnaire, les zones sont ordinairement contournees; elles s'etendent sans interruption sur une grande longueur, suivant une direction verticale paraissant etre parallele aux faces laterales de la masse qui affecte la forme d'un dike. Von Buch[42] a decrit a Tenerife une coulee de lave contenant d'innombrables cristaux de feldspath minces et tabulaires, disposes comme des fils blancs, l'un derriere l'autre, et orientes pour la plupart suivant une meme direction. Dolomieu[43] constate aussi que les laves grises du cone moderne de Vulcano, dont la texture est vitreuse, sont rayees de lignes blanches paralleles; il decrit ensuite une roche ponceuse resistante a structure fissile comme celle de certains schistes micaces. Le phonolite, qui, comme on le sait, est souvent, sinon toujours, une roche d'injection, a frequemment aussi une structure fissile; cette structure est due generalement a l'orientation parallele des cristaux de feldspath empates, mais semble parfois a peu pres independante de leur presence, comme on l'observe a Fernando Noronha[44]. Ces faits nous montrent que des roches feldspathiques de diverses especes presentent soit une structure lamellaire, soit une structure fissile, et que ces structures s'observent sur des masses injectees dans des strates surincombantes, et sur d'autres masses qui ont coule comme des laves.

Les feuillets des bancs qui alternent avec l'obsidienne a l'Ascension plongent, suivant un angle tres prononce, sous la montagne au pied de laquelle les bancs se trouvent, et ils ne semblent pas devoir cette inclinaison a un mouvement violent. Au Mexique, au Perou et dans certaines des iles italiennes[45], ces bancs offrent habituellement une forte inclinaison; en Hongrie, au contraire, les couches sont horizontales. En outre, si je comprends bien la description qui en a ete donnee, les lamelles d'un certain nombre des coulees de lave citees plus haut semblent etre fortement inclinees ou verticales. Je doute qu'en aucun de ces cas les feuillets aient ete amenes a leur position actuelle posterieurement a leur formation, et dans certains exemples, comme dans celui du trachyte decrit par M. Scrope, il est presque certain qu'ils ont ete formes originairement dans une position fortement inclinee. Dans plusieurs de ces cas, il est evident que la masse de roche liquefiee s'est deplacee suivant la direction des lamelles. A l'Ascension, plusieurs des vacuoles paraissent etirees et sont traversees par des fibres grossieres semi-vitreuses dirigees dans le sens des lamelles, et certaines couches qui separent les globules spheruliliques ont un aspect scoriace qui parait du au frottement que les globules leur ont fait subir. J'ai vu dans la collection de M. Stokes un specimen d'obsidienne zonee du Mexique, dans lequel les surfaces des couches les plus nettement definies etaient striees ou sillonnees de lignes paralleles, et ces lignes ou stries ressemblaient exactement a celles qui se produisent a la surface d'une masse de verre artificiel en fusion quand on le repand du vase qui le renferme. Humboldt aussi a decrit de petites cavites, qu'il compare a la queue des cometes et qui s'etalent derriere des spherulites dans des obsidiennes lamellaires du Mexique; et M. Scrope a decrit d'autres cavites a la partie posterieure de fragments empates dans un trachyte lamellaire; il croit qu'elles se sont formees pendant que la masse etait en mouvement[46].

Observations Geologiques sur les Iles Volcaniques Page 44

19th Century English Literature

Charles Darwin

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